PR DJIBY DIAKHATE, SOCIOLOGUE «La crise économique a beaucoup contribué à la fragilisation des ménages»

PR DJIBY DIAKHATE, SOCIOLOGUE «La crise économique a beaucoup contribué à la fragilisation des ménages»

Perte des valeurs

«Le mariage se heurte aujourd’hui à de sérieuses difficultés. Ces dernières années, on constate une flambée de divorces aussi bien en milieu urbain, périurbain que rural. Parce que nous avons un ensemble de facteurs qui expliquent ce phénomène qui constitue une préoccupation pour les populations. Le mariage disposait avant d’une durée de vie particulièrement appréciable. Les gens se mariaient pour le restant de leur vie. Le mariage était conçu comme une valeur à laquelle s’attachaient les parties prenantes. Que ce soit la famille de la femme ou de l’homme, elle s’adossait à des valeurs et posait des actes qui renforçaient les relations des deux familles. Il se trouve aujourd’hui que ces valeurs ont périclité les unes des autres. Il y a ensuite la crise économique. Celle-ci touche les ménages et fragilise la trésorerie familiale. Il y a une tension de trésorerie au sein de l’Etat mais aussi au sein des familles. Ce qui fait que face à un certain nombre de besoins exprimés, l’un ou l’autre conjoint, s’il n’a pas une réponse appropriée sur le plan financier, cela peut causer un certain nombre de problèmes au sein du couple ».

Infidélité

«Il y a aussi la jalousie. C’est un élément qui constitue un motif de divorce de plus en plus massif. Pour beaucoup de femmes, les hommes ne peuvent pas rester fidèles. Elles considèrent que leurs maris ont des maîtresses. Et le téléphone portable ne vient pas faciliter les choses. Dans certains cas, le mari peut soupçonner son épouse d’avoir un petit ami. Il y a aussi l’incompatibilité d’humeur. Les conjoints peuvent émarger à des registres émotionnels et principiels totalement différents. Le mari peut s’adonner à la piété en allant à la mosquée ou à des activités religieuses alors que sa femme qui est jeune veut sortir, aller au restaurant ou aller danser. Cela peut créer des difficultés dans les couples. Il faut ajouter l’influence nocive de l’environnement familial. Les sœurs, les frères, la belle-mère peuvent avoir une interférence nocive dans la vie du couple ».

Calculs

«Beaucoup de jeunes filles ont compris qu’en allant au tribunal, on peut bénéficier d’une part du salaire du mari. Il y a des calculs faits pour avoir des revenus. Ce n’est pas la majorité qui fonctionne ainsi. Mais il y a certaines femmes qui ciblent les hommes qui ont un certain positionnement socio-économique. Ainsi, beaucoup d’hommes vivent un véritable calvaire. Non seulement, ils ont été abandonnés par leurs femmes de façon inadmissible, mais elles arrivent à bénéficier de revenus tirés du salaire de leur mari. Aujourd’hui si nous voulons sauver la famille, il faut qu’on retourne aux valeurs. Si la famille est fragilisée, c’est la société qui risque d’être dans une situation de déliquescence. Et il ne risque que d’y rester la partie charnelle. Celle-ci ne peut aucunement permettre de construire une famille, une communauté, une Nation. Il est important et quelle que soit la situation pour entrer dans la modernité qu’on s’enracine dans nos valeurs».

Cheikh kane

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