Point de vue d’un élève sur le système éducatif (Par Babacar Kébé )

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Point de vue d’un élève sur le système éducatif (Par Babacar Kébé )

Élève au Lycée d’Enseignement Général de Diourbel, Babacar Kébé a fait une analyse critique sur le système éducatif sénégalais à travers une note transmise à Seneweb. Voici le contenu de ce document:

« Le programme scolaire du Sénégal est pléthorique. Il y a beaucoup de disciplines et chacune comprend
de très nombreuses leçons. Certaines de ces leçons ne nous servent à rien, ni pour aujourd’hui ni pour le
futur. C’est le même programme sur la base duquel nos grands-pères et mères ont été formé.

Nous risquons de passer toute notre jeunesse dans une école qui ne nous donnera pas l’essentiel, c’est à dire,
une école qui ne nous donne pas ce dont nous avons besoin pour devenir opérationnel dans notre
domaine de prédilection. L’école que nous fréquentons mélange tout : mal, bien, essentiel et non
essentiel et pourtant, pendant ce temps dans d’autres pays, les élèves sont très tôt orientés selon leurs compétences et sont donc épargnés de ce qui ne leur est ni essentiel ni important.

Avec ça on dit que nous faisons des blancs nos idoles. NON! Ce n’est pas le cas, et même si c’était le
cas nous serions en train de faire moins qu’eux car quand on prétend être quelqu’un, c’est surtout dans
le bon côté qu’il faut le ressembler.
Ma question est pourquoi toujours ce programme ? Un programme pléthorique et démodé, un programme en contradiction avec nos valeurs.
Dans l’école qui nous berce, après 20 ans d’études on ne peut rien fabriquer. Un programme avec des leçons parfois inutiles et la conséquence de ça c’est que les élèves ont des têtes remplies mais pas bien faites.
Comme dit l’adage « dis-moi quelle jeunesse tu as, je te dirai quel pays tu auras » ; détruire un système
éducatif, c’est détruire un pays.
Le pire est que dans le programme qui nous est enseigné figurent des leçons qui sont en déphasage avec nos valeurs religieuses et culturelles.
Deux exemples patents montrent à suffisance que notre système éducatif est malade.
Le premier exemple est: un élève de la série L apprend en même temps Français, Histoire et
géographie, Anglais, portugais, Mathématique, Sciences physiques, Sciences de la vie et de la terre,
philosophie, Arabe entre autres.
Le second exemple est que : l’élève en série S est aussi bourré de matières littéraires.

Voyez cette aberration, quasiment le même programme pour ces deux séries différentes.
Si ce n’est les coefficients, il n’y a pas de différences significatives entre ces séries.
Il urge aujourd’hui de changer ce programme éducatif sénégalais qui est devenu caduc. Le combat pour un système éducatif de qualité doit être l’affaire de tous et ce, ne serait-ce que pour la postérité.
Et malgré toutes les incohérences qu’on peut noter, nos dirigeants, nos autorités étatiques n’en parlent même pas alors que la révision des programmes ne peut nullement émaner des élèves que nous
sommes. Chères autorités, si les programmes officiels qui nous sont enseignés vous semblent cohérents, les élèves que nous sommes, sont navrés de voir être administrés de tels curriculums!

Et les parents d’élèves dans tout ça ! Chers parents, en envoyant vos enfants à l’école pour un retour triomphal au bercail, ayez la responsabilité de veiller sur les programmes qui leur sont enseignés à l’école. Encore une fois de plus, si nous voulons sauver notre système éducatif, en vue d’avoir une
jeunesse de qualité et au service de sa patrie, il est impératif d’agir pour que les programmes soient réaménagés.
La jeunesse est le premier levier du développement et une jeunesse avec en majorité des élèves qui ne se préoccupent qu’à parcoeuriser des leçons inutiles, mémoriser des contenus et faire des devoirs juste pour passer en classe supérieure, n’est point un levier de développement. Les élèves du Sénégal
ne sont pas loin d’une colonisation psychologique.

PROPOSITION POUR LE RÉAMÉNAGEMENT DE NOTRE SYSTÈME ÉDUCATIF

Il faut revoir les choses dans tous les domaines
– Sur le volet pédagogique

Nous voulons une diminution des années d’études dans certains cycles. Par exemple, le cycle élémentaire peut se faire en 3 voire 4 ans au lieu de 6 ans et le cycle moyen en 2 ou 3 ans à la
place des 4 ans requis.

Une autre chose est l’usage de la langue française, pourquoi on travaille jusqu’à présent avec le français à l’école ? Pourquoi pas la langue Wolof ? Surtout qu’elle est notre langue nationale et
la langue codifiée la plus parlée au Sénégal.
A l’école, la langue n’est qu’un moyen pour accéder à la connaissance et si le Wolof était la langue d’enseignement à l’école, la transmission du savoir serait plus facile pour les enseignants et les
connaissances plus accessibles pour les apprenants.

Signalons que selon CHEIKH ANTA DIOP « On ne peut pas développer un pays avec une langue d’autrui ». Alors, la nécessité de prendre le Wolof comme langue d’apprentissage est démontrée par
l’exemple des pays développés qui travaillent avec leurs langues nationales ou maternelles.

-Sur le plan social, culturel et religieux

Ici au Sénégal, on dit souvent que les musulmans représentent 95% alors pourquoi ne pas instaurer l’éducation religieuse à l’école ? Il faut que l’opinion sache, si le Coran, la parole divine était enseigné à l’école et les lois coraniques mises en application, la hache de guerre
serait enterrée, les problèmes seraient noyés dans l’oubli et le monde deviendrait sans conteste un havre de paix. D’ailleurs la Bible est enseignée dans certaines écoles chrétiennes.

Pourquoi ne pas enseigner de manière très profonde la vie du prophète Muhammad (Psl) qui est le modèle d’homme le plus parfait et qui disait  » cherchez le savoir, du berceau à la tombe » mais aussi la vie des guides religieux comme SERIGNE TOUBA, BAYE NIASSE, MAME MAODO MALICK, SEYDINA LIMAMOU LAYE et all tel que CHEIKHN ANTA DIOP?

L’insertion des œuvres de ces saints hommes contribuerait à nous enraciner dans nos valeurs et coutumes.
A vrai dire on n’a pas besoin de recevoir les enseignements d’autres savants comme Descartes, Nietzsche, Platon etc… surtout que nous avons beaucoup de savants comme SERIGNE SAME MBAYE, CHEIKH MOUHIDINE SAMBA DIALLO etc.. qui nous ont légué des enseignements suffisamment utiles
pour bâtir une nation, des citoyens modèles et façonner des âmes.
Notre pays regorge de nombreux érudits dont les œuvres méritent d’être enseignés à l’école pour promouvoir le développement du Sénégal.

Aujourd’hui, il est incommode de continuer à dispenser ces programmes dans nos écoles. Nous élèves,
souhaitons une école qui nous oriente très tôt dans une spécialité selon nos compétences. Dans ce cas
notre pays aura une jeunesse bien formée qui saura lui être utile.
Pour terminer, j’interpelle les parents d’élèves, les autorités à se pencher sans délai au réaménagement des programmes enseignés dans nos écoles. La refonte du système éducatif sénégalais est le combat que nous menons.

BABACAR KEBE, élève au Lycée d’Enseignement Général de Diourbel