Pêche : Les plongeurs de Ngor déplorent la rareté des ressources constatée dans les fonds marins

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Pêche : Les plongeurs de Ngor déplorent la rareté des ressources constatée dans les fonds marins
L’impact terrible des chalutiers et des usines de farine de poisson sur la vie marine du Sénégal a été révélé par le récit émouvant d’un plongeur de Dakar.
 
« Auparavant les touristes européens étaient enthousiastes à l’idée de venir faire la plongée car ils découvraient une variété d’espèces de poissons qu’ils n’avaient jamais vus mais c’est devenu très rare. Ça impacte beaucoup sur notre travail. » déclare Djibril Thiandoum, plongeur à Ngor.
 
Un récent rapport publié par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture exprime de sérieuses inquiétudes concernant « l’impact négatif considérable » des usines de farine et d’huile de poisson sur les stocks de poissons du Sénégal.
 
Djibril ajoute qu’ “avant la mer était propre, c’était très net en dessous, on arrivait à voir de nombreuses espèces mais ce n’est plus possible à cause de la pollution de l’eau, il y a beaucoup de déchets. Il y a des espèces comme les tortues qui vivent des algues marines mais parfois elles confondent leur nourriture habituelle avec les sachets plastiques qui sont au fond de la mer et ça les tue. Nous lançons également un appel aux autorités pour la protection de ces aires marines surtout dans la délivrance des licences de pêche car les bateaux cargo présents dans la zone raclent les fonds marins et ne laissent plus aucun poisson surtout les petits poissons. Il ne reste plus rien ». 
 
Cet appel des plongeurs de Ngor fait écho aux alertes répétées de Greenpeace Afrique sur les multiples menaces sur l’écosystème marin en Afrique de l’ouest.
 
Le Dr Aliou Ba, responsable de la campagne Océans à Greenpeace Afrique, partage cet avis. « La perte tragique de ces magnifiques espèces se reflète dans la destruction des stocks de poissons d’Afrique de l’Ouest », explique-t-il.
« La mer renferme une économie aux multiples facettes avec des dizaines de milliers d’acteurs aux profils variés dont il urge de sauvegarder l’outil de travail » ajoute-t-il.
 
Greenpeace Afrique appelle ainsi l’Etat à agir en urgence pour lutter contre la surexploitation des ressources halieutiques et à réguler les industries telles que celles de la farine de poisson qui constituent une grave menace pour la biodiversité marine.
 
Commentant les chiffres récents du Réseau mondial des crises alimentaires qui montrent que près de cinq millions de personnes au Sénégal sont déjà proches des niveaux de crise d’insécurité alimentaire, Dr Ba a déclaré : « Pour la même raison que les plongeurs sont privés du plaisir de découvrir la nature, les pêcheurs et les femmes transformatrices de poisson du Sénégal sont privés de leurs moyens de subsistance. Et les familles sénégalaises sont privées d’une alimentation abordable. L’État sénégalais doit arrêter les usines qui utilisent du poisson comestible et s’assurer que sa priorité va à son peuple et non à l’amélioration de la vie des pays plus riches.