VIH : TAUX EN HAUSSE, 3626 PERSONNES SUIVIES ET 97 PERDUES DE VUE

Ziguinchor fait partie des zones les plus touchées par le VIH. Le taux de prévalence dans la région est de 1,5 %. La situation s’explique par plusieurs facteurs, selon la conseillère technique du Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls), dans la région de Ziguinchor, Maïmouna Gueye Tall. Elle se prononçait en perspective de la Journée mondiale de lutte contre le sida 2019 dont le thème est : «Les organisations communautaires font la différence.»

1,5 %, c’est la prévalence actuelle du VIH dans la région de Ziguinchor, une des zones les plus touchées par le Sida au Sénégal. Un taux qui est en hausse, informe la conseillère technique du Conseil nationale de lutte contre le Sida (Cnls) à la région médicale de Ziguinchor, Maïmouna Gueye Tall. Il était de 1,0 avant 2018. Ce taux de prévalence représente 3626 personnes régulièrement suivies et 97 personnes perdues de vue. Les pertes de vue s’expliquent, dit Maïmouna Gueye Tall, par des malades en âge avancé. Il y a aussi, note-t-elle, des personnes qui changent de lieu de suivi sans au préalable informer la région médicale. Il y a également des décès non signalés.

Cependant, relève le point focal du VIH à la région médicale de Ziguinchor, le problème majeur dans la gestion des perdues de vue, c’est ceux qui ont arrêté de prendre leurs médicaments.

L’ampleur du VIH dans la région s’explique, selon Maïmouna Tall par plusieurs facteurs. La région est une zone carrefour, transfrontalière à la Gambie et à la Guinée-Bissau. L’autre source du mal, c’est que la région de Ziguinchor est aussi une zone touristique. A cela s’ajoute l’existence de groupes vulnérables tels que les personnes vivants avec un handicap. Il y a aussi les populations clé , à l’instar des professionnelles du sexe, surtout les clandestines, les homosexuels et les consommateurs de drogue, poursuit-elle. Les villes de Ziguinchor et de Bignona sont beaucoup plus touchées.

En outre, dans la région de Ziguinchor, l’on compte également des enfants qui naissent sous infection VIH. Une situation qui se traduit, à en croire Maïmouna Tall, par une ignorance de l’importance de suivre le traitement. A cela viennent se greffer les difficultés relatives au transport, notamment avoir le prix de transport pour les enfants malades. Qui plus est, elle indexe une nutrition qui n’est pas des meilleures. La difficulté dans la prise en charge du VIH, c’est aussi la visibilité des actions des acteurs et la capitalisation. «Les résultats ne sont pas capitalisés. Et c’est la capitalisation qui aide à la prise de décision». Le non fonctionnement des instances de coordination constitue également un problème des services sanitaires de la région dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH.

A noter que la Journée mondiale de lutte contre le Sida 2019 a été célébrée hier, dimanche 1er décembre, avec comme thème: «Les organisations communautaires font la différence.» Cette date importante permet de rendre hommage au rôle essentiel joué par les organisations communautaires aujourd’hui et par le passé dans la riposte au sida au niveau international, national et local.

FATOU NDIAYE
(ENVOYEE SPECIALE A ZIGUINCHOR)